Vagabondages en vallée de Kathmandou

Publié le par Sur la route de soi

 

Incursion dans le monde tibétain : Bodnath au crépuscule


     Nepal vallee Kathmandou Bodnath (3)

 

Avant de quitter Kathmandou nous allons voir le jour s'éteindre sur le village-dans-la-ville de Bodnath, havre tibéto-bouddhiste sur les chemins des réfugiés du Tibet voisin. Les gens, moines, familles du coin, visiteurs, tournent et tournent encore, dans le sens des aiguilles d'une montre autour d'un des plus grands stupas du monde, dans le parfum de cèdre brûlé, à la lueur de petites bougies au beurre ... Atmosphère vraiment particulière.

 

 


 

 

Nepal vallee Kathmandou Bodnath (5)

 


Nepal vallee Kathmandou Bhaktapur (38)

 

 

 

 

 

 

     Bhaktapur la typique

 

 

 

 

 

 


       Pour déambuler dans les rues fermées à la circulation automobile de Bhaktapur, coeur d'un ancien royaume, le touriste étranger doit payer 750 roupies (soit 8 euros), les sommes ainsi collectées étant ensuite réinvesties dans la conservation et la restauration de la commune. 750 roupies cela représente ici 7 repas au restaurant ou plusieurs nuits d'hôtel, c'est à dire pas rien. Nous avons ainsi pénétré la cité par d'étroites ruelles, loin des grandes et belles artères touristiques sont les entrées aux extrémités sont surveillées avec zèle par les gardiens.


Nepal vallee Kathmandou Bhaktapur (3)

  Nepal vallee Kathmandou Bhaktapur (48)   Nepal vallee Kathmandou Bhaktapur (12) Nepal vallee Kathmandou Bhaktapur (36)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     Nous arpentons des heures durant les allées pavées de la ville bordées de hautes maisons au style newar harmonieusement préservées, débouchant sur des places regorgeant de vieux temples hindous, d'estrades à musique, de puits et de bassins entourés de ghâts (gradins) asséchés. L'ensemble est frais, propre, charmant et typiquement pittoresque, telles ces femmes portant de lourdes jarres d'eau par les rues. Mais peut-on vraiment s'extasier de la perpétuation de “traditions séculaires” (comme le fait le guide du Lonely Planet et comme on le fait spontanément en retrouvant là les gestes simples de nos aïeux) quand en fait de traditions une ville entière de femmes est contrainte quotidiennement d'aller puiser litre par litre au fond d'un puit presque à sec toute l'eau de son ménage ? Quand, à quelques kilomètres d'une capitale, en 2010, des familles font faire la queue à des récipients de fortune devant une fontaine (certes joliment décorative) dans l'attente de l'heure, espérée, de l'ouverture des vannes ? Chez nous on utilise l'eau s'en presque s'en rendre compte, à tout instant : déjà pour la boire, ensuite pour nous lavec -le corps, les mains, les dents, les cheveux, puis pour laver le linge, la vaisselle, pour essuyer une table ou rincer un ustensile. Là, à Bhaktapur, comptez, pour chacun de ces gestes entre 10 minutes et 2 heures de travail consacrées uniquementà collecter l'eau qui vous sera nécessaire ... Nous espérons donc de tout coeur que la question de la disponibilité d'eau courante fasse partie des priorités dans les investissements des autorités locales ...


Etre malade à Dhulikel

      En quittant Bhaktapur nous nous éloignons vers l'Est dans l'idée d'aller camper sur les hauteurs de Dhulikel. Très chanceux, nous suivons une piste jusqu'à découvrir un site de rêve, encore un de ces promontoires offrant un panorama imprenable sur l'horizon hermétiquement bouché de la chaîne himalayienne ! Un homme vient à notre rencontre, nous invitant à venir nous stationner sur un emplacement encore plus idéal, à proximité de la guest house qu'il est en train construire. Le type, un ancien guide plein de bonnes intentions est très sympa. Nous dînons de bonne heure au milieu d'un va-et-vient de villageois et d'enfants curieux.

      Un grand vent venait de se lever, le noir des masses montagneuses se noyait dans les ténèbres de jai du ciel, les quelques lumières au fond de la vallée nous apparaissant comme autant de constellations d'étoiles. Le ciel au-dessus de nous et le ciel en-dessous de nous se fondant l'un dans l'autre. Tout était ainsi presque parfait quand, au beau milieu de la nuit, je fus prise de fièvre et de nausée. Lorsque, au premières lueurs du jour, les intestins se sont mis de la partie, nous avons décidés de déplacer nos pénates dans la chambre déjà finie de la guesthouse : je tenais à peine debout et j'avais besoin de pouvoir utiliser les toilettes à volonté ... Nous nous sommes mis d'accord sur la culpabilité quasi évidente du “roi des yaourts”, le juju dhau, spécialité culinaire de Bhaktapur à laquelle je n'avais pas pu résister, privés comme nous le sommes de produits laitiers. Le yaourt était d'ailleurs fort bon, mais avait certainement dû trop traîner dans un frigo sans électricité. Clément, qui n'en avait avalé que quelques cuillerées, a été pris de méchantes coliques un peu plus tard dans la journée.

Autant vous dire que nous garderons un souvenir impérissable de Dhulikel, mais surtout de la chambre d'hôtel ! C'est de cette chambre d'ailleurs que nous avons vécu l'un des orages les plus impressionnants de notre vie. Sur notre promontoire haut perché (1550 mètres) nous étions au coeur de la tourmente, éclairs roses zébrant l'horizon de toute part, pluie battante à toutes les vitres à tel point que des flaques se sont formées au milieu de la pièce : il n'y avait pas de joints aux fenêtres (les maisons en dur sont moins étanches que la 4 L !) ... La maison, mais avec elle toute la vallée, étant plongée dans le noir, nous nous sentions comme sur une île (notre lit) au milieu d'un océan en colère.


Patan : un dernier tour et puis s'en vont

Nepal vallee Kathmandou Patan (13)

 

      Nous passons la journée du vendredi 4 juin à Patan, une autre des cités à la périphérie de Kathmandou, en attendant de passer le col (toujours le même pour quitter Kathmandou) à la fraîche afin d'épargner la voiture. Des rues populaires au quartier plus touristique de Durbar Square, notre visite s'est passée très tranquillement (disons à un rythme de convalescents) ... de toilettes en toilettes !

      Nepal vallee Kathmandou PatanNous sommes tombés par hasard sur un énorme char-temple, celui du dieu Rato Macchendranath dont l'effigie est, chaque année, à cette époque, promenée jour après jour à travers la ville, escortée du char, plus petit, d'un autre dieu. Il fallait voir un peu l'effervescence de la vie qui régnait au pied de l'énorme charette dont les roues de bois plein sont plus hautes que Clément : des gens faisant des offrandes, des fruits et des guirlandes de fleurs, d'autres allumant de petits feux d'encens, d'autres encore cherchant des bénédictions ou tournant autour en touchant le bois ou les parties couvertes de peintures du char. Nous avons même été témoins d'une bagarre à qui emporterait on-ne-sait-quoi descendu du haut du mât chapeautant le templion, un peu comme “l'attrapez-la-queue-du-Mickey” des manèges de chez nous.

Nepal vallee Kathmandou Patan (5)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

       Nepal vallee Kathmandou Patan (16)

      Avant de quitter la ville nous sommes allés faire un tour dans l'”Industrial Estate”, tout un tas d'ateliers d'artisanat jouxtant des magasins d'usine rassemblés-là (pour facilier les débouchés d'exportation on suppose). Nous y avons visité, entre autres, un atelier de tissage mécanisé. Il ne servirait à rien de préciser que, bien sûr, aucun des ouvriers travaillant dans ce capharnaüm ne portait un quelconque appareillage de protection auditive. Cela va de soi !





La pire des nuits


      Ce soir-là nous avons franchi le col au crépuscule, plongeant vers l'Ouest sur la Prithvi Highway dans la nuit noire. Crevés, à moitié malades, nous décidons de nous arrêter vers 21h30 sur le bord de la grande route, espérant qu'à un moment donné les poids lourds cesseraient de circuler.

Nous avons passé-là une nuit infernale, grapillant de courtes phases de sommeil, le coeur soulevé et la tête affolé par la chaleur étouffante, les nuages de poussière et le rafut du grondement des moteurs des camions en côte : toute la nuit, 2 fois par minutes. Nous en étions à compter les secondes sans pour autant trouver la force de repartir. Nous avons déguerpi de là aux premières lueurs du jour, en espérant de jamais avoir à revivre pareille nuit !


Publié dans Népal

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C
<br /> <br /> Une énorme pensée à toi Léo et à toi Clément.<br /> <br /> <br /> Cela fait longtemps que je n'ai pas inscrit un commentaire. Aujourd'hui, j'ai envie qu'il soit un peu différent. <br /> <br /> <br /> Merci à vous de nous faire passer ce message trop souvent oublié. Le but de la vie est dans l'action et la générosité. Que posséder peut devenir ennuyeux voire dangereux. Que le plus important<br /> reste ces moments uniques où l'on prend le temps de les ressentir et où chacun de nos sens est en éveil. Comme le disait St Exupéry : "on ne voit bien qu'avec le coeur...."<br /> <br /> <br /> Merci, MERCI de ce partage. J'espère très sincèrement que vous vous portez bien.<br /> <br /> <br /> Je vous embrasse. Catherine<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> Salut les biquets<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Pas d'accord sur tout avec Isabelle mais en ce qui concerne la lecture du rouge , pas facile pour les vieux c...  comme nous. Toujours de bien belles photos quant à l' entrain ou plutôt<br /> son absence, dont parle Isabelle je suis sûr de le retrouver dès que vous serez guèris  ce qui ne saurait tarder; J'ai mis un petit mot sur la messagerie de Clément merci d'y répondre<br /> rapidement sur la boite de Sophie<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Pleins de bisous à tous les deux et bon vent pas trop mouillé<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Alain<br /> <br /> <br /> <br />
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I
<br /> <br /> Bonjour Clément et Bonjour<br /> Léo.                                                                                       <br /> Merci pour ces premières pages  feed back de votre périple.Je suis bien contente de vous retrouver. Il semblerait qu'il y ait plus de pigeons à Kathmandu que sur la place St Marc à Venise.<br /> Je suis impressionnée par la photo. Nous sommes le 17 juin quand je lis votre page du 3 juin. A quoi est du ce décalage? Est-ce le fond bleu nuit avec l'écriture violette ( qui rend la<br /> lecture fatiguante, surtout pour moi qui suis vieille et qui vous lit sur un netbbook) , mais auriez vous un petit coup de blues? Plus de désagéments que d'exaltations ??? Sans doute qu'une<br /> simple impression  de ma part .J'espère bien qu'elle est erronée et vous souhaite encore beaucoup de merveilleux moments que vous nous décrirez avec tant de chaleur dans vos prochains<br /> messages. Olivier se joint à moi pour vous transmettre toute notre amitié.A+. Isa<br /> <br /> <br /> <br />
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