Nos voisins les éléphants

Publié le par Sur la route de soi

    Une vie d'éléphant


      Nous avons donc pour voisins des éléphants ; des éléphants dont les étables sont installées non loin du jardin dans lequel on campe, qui prennent leur bain dans la même eau que nous, qui évoluent de leur pas lent mais imposant dans les mêmes rues que nous ... L'idée est assez sympatique non ? Ce sont les éléphants qui appartiennent au centre de conservation du Parc National, ou bien à des privés, tous élevés pour servir de monture aux touristes lors des divers safaris, tout un business. Nous les cotoyons du matin au soir et en apprenons sur eux un peu plus chaque jour.


      Un “cornac” leur est dédié, sinon à vie (l'éléphant pouvant vivre jusqu'à 80 ans, la vie -au moins professionnelle- d'un seul homme n'y suffirait pas), du moins de manière attitrée pendant de longues années. Nepal Sauraha elephant retour des paturagesChaque cornac nourrit, dresse, conduit, mène au patûrage, lave et soigne son propre éléphant. Comme en témoignent certains c'est un peu leur frère et leur meilleur ami à la fois. Il le mène au bain en milieu de matinée, quand la chaleur commence à se faire écrasante. Après cela, entre 10h et 15h il le conduit dans les prairies de très hautes herbes (jusqu'à 4-5 mètres en ce moment, mais jusqu'à 8 m en fin de mousson !) où les animaux peuvent paître tout leur saoul. Puis, de retour à son étable (un haut hangar ouvert au 4 vents), l'éléphant se gare docilement à côté de l'énorme piquet auquel son maître lui enchaîne les deux pattes avant. Vient alors le goûter : le cornac confectionne avec de longues herbes un panier qu'il fourre de riz cru, de sel et de sucre avant d'enrubaner le tout avec d'autres herbes. Cela donne de grosses boulettes vertes, sorte de sushis géants, des “elephant momos” comme disent les gars.


     

     Du côté de la "nursery"


      Nous sommes allés faire un tour au centre d'élévage des éléphants où se trouvent les mères et leurs petits ... Enfin, leurs “petits”, façon de parler ! Déjà qu'à la naissance ils sont plutôt gros, les “petits” d'une dizaine d'années sont bien volumineux. Mais ils restent près de leur mère jusqu'à l'approche de leur maturité sexuelle, vers 15 ans. Bref, savez-vous ce qu'ils faisaient tous avec leur goûter ? Et bien, comme tous les enfants, ils triaient, ne gardant que le meilleur (le riz) et rejetant le reste (la verdure, y'a pas de secret !), allant même jusqu'à s'enfoncer la trompe jusqu'au fond de la gueule pour en retirer jusqu'au moindre brin d'herbe qui aurait pu y rester ! Ca nous a bien fait marrer !

 

Nepal Sauraha Chitwan elephants


      Le bain des éléphants


      Attraction touristique à part entière de Chitwan. Certains cornacs font prendre le bain à leur monture juste devant les hôtels et restos qui bordent la rivière, conviant les voyageurs à se joindre à eux, le temps d'une photo ou pour un long moment de jeux sur le dos de l'éléphant qui peut faire douche (avec sa trompe), plongeoir, lit, escalier, moyennant un bon pourboire ... Nous avons longtemps observé ces scènes, à la fois tentés et retenus par l'aspect attrape-touristes quasi institutionalisé.

Nepal Sauraha riviere 1er bain avec elephants (3)

     

      Et puis voilà un éléphant qui se ramène de son pas nonchalant près du coin de rivière où nous prenons le frais. Nous pensons qu'il vient boire, et sommes déjà aux anges de le voir presque à nos côtés, quand il entre dans l'eau en faisant de grandes vagues, s'installant l'air de rien dans l'eau de notre bain et dans celle de la lessive des villageoises. Et il y en a eu d'autres, et nous y sommes retournés, chaque matin, loin des touristes de tout poils, des restos et des rabateurs à la recherche de copieux pourboires.


 

Nepal Sauraha Chitwan riviere

 

     C'est l'émerveillement à chaque fois que l'un d'entre eux, monté de son cornac, vient partager notre baignade. Les cornacs attentionnés, trônant debout sur le dos de l'animal leur ombrelle noire repliée pour l'occasion, frottent la peau de leur meilleur ami avec leurs poings, une tong, un bâton, leur décrassent le pourtour des yeux, leur massent le dos avec leurs pieds, leur astiquent les défenses avec du sable (à propos de défenses, saviez-vous que seuls les mâles en sont pourvus ?). Et l'éléphant se roule dans l'eau et s'asperge le dos avec sa trompe pour se rincer et se rafraîchir, et gare au cornac s'il ne souhaite pas être mouillé ! Nous ne nous lassons pas de les observer, barbotant à un mètre d'eux, de partager ce moment de détente et de bien-être avec eux. Nous avons même pu, une ou deux fois, venir nous frotter au cuir du pachiderme, le gratter et le masser, tâter son corps massif et s'allonger sur lui. Notre grande préférée s'appelle Kartikali, a 50 ans, et souffre d'une sorte de descente d'organes qui la rend reconnaissable entre toutes !

 

      Ballade à dos d'éléphant


      On a quand même eu envie d'aller voir les éléphants au travail et nous sommes laissés tentés par un tour à dos d'éléphant dans une forêt voisine protégée. Nous nous étions laissés, innocemment, bercer par l'idée d'une expédition entre nous (à 4 avec Raphaël et Murielle, nos copains français rencontrés dans les Annapurnas) certes un peu promène-couillon mais tout du moins solitaire dans de vastes étendues sauvages ... et nous sommes retrouvés embarqués comme des bestiaux dans une jeep parmi une quinzaine de touristes avant d'être déversés sur une aire de départ à la chaîne. Le nôtre (le plus grand, le plus haut, le plus beau !) s'est joint à la longue file indienne d'une grosse vingtaine de ses co-génères qui se suivaient et s'attendaient. Nepal Sauraha ballade dos d elephant (8)Si ce n'est le plaisir de tutoyer les branchages et les oiseaux du haut de nos 4 m, celui de voir nos pieds battus par les oreilles de l'animal se ventilant, celui de le voir arracher obstinément et avec gourmandise hautes herbes et arbustes pour les engloutir, la promenade avait quand même beaucoup du petit train touristique ! Notre monture nous a cependant permi d'approcher de tout près et sans les effaroucher 2 biches, nullement affectées par la présence du mastodonte. N'a-t-elle pas de beaux yeux ?

 

 

Nepal Sauraha Kumrose ballade elephant

Publié dans Népal

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