Et Titine dans tout ça ?

Publié le par Sur la route de soi

Petit bilan mécanique

   Je le disais, nous voici en Inde. Notre 4L nous a vaillemment menés jusqu'ici, démentant les doutes et les sarcasmes de certains qui ne la voyait pas aller plus loin que la Turquie (n'est-ce pas Killen) et l'humilité de Clément face aux dénivelés qui nous attendaient à maints détours de chemin.
   Et bien non, le moteur a franchi presque sans peine tout ces kilomètres et presque sans s'essouffler quelques cols à plus de 2500 mètres. Chapeau bas pour la p'tite 4L verte ! La voici rendue au pays des perroquets d'un vert aussi pimpant que le sien ! Bon, pour le moteur tout roule, mais on a quand même connu quelques petites tracasseries techniques.
    Déjà mademoiselle n'était pas bien hermétique ... pas très "waterproof" comme qui dirait ... lors des grosses pluies (et même des petites) ça dégoulinait un peu du côté de la portière arrière et ça faisait de belles flaques sous le tapis passager. Après plusieurs semaines à éponger quotidiennement les dégâts on a fini par localiser la fuite et, quelque part en Iran, on s'est décidés à mettre du mastic autour de la bouche d'aération sous le pare-brise. Voilà pour les dégâts des eaux. Depuis il n'a plus plu donc plus de flaques !

    Et puis il y a le ventilateur du radiateur qui nous a lâché je ne sais même plus quand tellement c'était il y a longtemps : en Bulgarie ? en Turquie ? Une odeur de brûlé, de la fumée, et puis plus rien. On a renoncé à réactiver le ventilateur. Depuis ça ventilait du chaud ou du froid (on pouvait encore choisir) mais seulement quand on roule à vive allure ... ce qui n'est pas toujours le cas !!! La soufflerie était HS. Alors, à Bikaner, on a (enfin !) osé mettre les mains à la pâte ... Mais quelle galère. Ca démoralisait un peu Clément de démonter le tableau de bord mais bon, voilà qui est fait. Un des fils s'est retrouvé, on ne sait comment, à cheval sur la résistance qui a fait fondre sa gaine ... On refait une gaine en scotch exprès au fil éectrique, on essaye de faire fonctionner le mécanisme ... mais ça ne marche pas. On teste un peu tous les éléments mais on n'a pas encore bien déterminé d'où venait la panne ni comment la résoudre. Et pourtant on va vraiment avoir besoin que ce ventilateur marche. Dans le froid, encore, on pouvait se couvrir. Mais par grandes chaleurs, et elles nous attendent, on le sait, il va falloir aider Titine en lui dégageant un peu de l'air brûlant qu'elle aura sous le capot. Après plusieurs essais il semblerait que c'est un fil qui joue le rôle de fusible dans l'interrupteur qui cloche. Le lendemain Clément trouve en ville quelqu'un pour nous arranger ça : il répare le fusible. Et ça remarche. Voilà une bonne chose de faite.

   Tant qu'on avait les mains dans les fils électriques nous avons réglé le problème de la batterie auxiliaire dont le frottement incessant contre la carosserie,  à force de vibrations, a dénudé les fils ce qui a créé un court circuit entraînant étincelles et fumée (si c'est pas épique ça !). Tout a été réglé grâce à une vielle tongue trouvée par Arnaud au pied de la voiture et que l'on a insérée pour servir d'isolant entre les deux éléments en friction électromagnétiquearticostatique . (Eh oui, on peut faire de la poésie avec de la mécanique, sinon c'est vraiment pas drôle. A part cela, cette batterie fonctionne à merveille (merci papa Alain ) et alimente sans problème notre four électrique ainsi que le lave-linge ... (dans nos rêves ...) Enfin pour la lampe et l'ordi c'est nickel.

   En parlant de lampe on a longtemps été privés de la lumière du plafonnier de la tente de toit. Celui-ci ne nous a pas éclairé plus loin que l'Italie, ce qui n'a pas encouragé les soirées lecture-au-lit par les sombres grands froids des nuits turques et iraniennes. La prise mâle qui permet de brancher cette lampe sur l'allume-cigare créait des courts-circuits qui faisaient fondre les fusibles (car on en a changé plusieurs fois). Voilà encore un problème qui a trouvé sa solution à Bikaner : nous avons pu remplacer cette prise par une autre de meilleure qualité qu'Arnaud nous a donné. Depuis la lumière brille de nouveau dans la chambre à coucher !
   A part cela on est vraiment contents de notre "tente de toit". On n'y a rarement eu froid et jamais trop chaud. On a même enduré sans problème une nuit à -10°C dans les Monts Zagros en Iran. Pour l'occasion nous avions sorti nos sacs de couchage de compet' en plus de la couette. Le matin les parois intérieures étaient recouvertes de givre ... Le seul vrai point faible de la tente c'est la condensation. Quand il faisait froid tous les matins la toile dégoulinait de flotte et la couette était mouillée du contraste entre la chaleur de nos corps et le froid extérieur. Tous les jours il fallait ventiler pour faire sécher ... Un peu laborieux mais rien de bien terrible.

   En ce qui concerne le "shnorkel", vous savez l'espèce de tuyau qu'on voit sur les 4X4 et qui sert à aspirer l'air pour le moteur bien en arrière et en hauteur, et bien on n'a pas encore affublée la 4L de ce nouveau bijou. On a le tube, la peinture et tout et tout, mais on ne le fera que si c'est absolument nécessaire car ça nous obligerait alors à découper une partie du capot : la classe !

   Il y a aussi eu cette histoire de vis du tirant de chasse qui s'est résolue assez rapidement du côté de Jaisalmer. Du coup maintenant on vérifie régulièrement les différentes vis.
A propos de vis Clément a serré il y a quelques jours les boulons du pot d'échappement et ça, ça nous a changé la vie : la Titine n'a jamais fait si peu de bruit. Comme quoi, ça ne tient pas à grand chose.

    Ah si, on a eu notre première crevaison ! Il était temps, on commençait un peu à désespérer. En plus, je suis un peu déçue, ce n'était même pas une vraie crevaison. On n'a pas eu le temps d'être à plat, Clément s'est rendu trop vite compte qu'une roue arrière se dégonflait anormalement. Réparation à l'ancienne : on t'enfonce dans le pneu une tige de caoutchouc goudronnée et c'est reparti ! Au passage on a investi dans un kit de réparation à l'ancienne (car on estime qu'on est cap de faire aussi bien nous-mêmes) pour la modique somme de 4,50 euros. Avec ça on peut faire face à une bonne vingtaine de crevaisons : les piquants n'ont qu'à bien se tenir, ils nous font même plus peur !

    Par ailleurs, lors d'un de ces check-up matinaux, Clément s'était rendu compte (en Iran, eh oui, ça commençait à dater) d'une usure anormale des pneux avant. A Jodhpur nous avons enfin trouvé un garage équipé (high-tec même !) pour corriger le parallèlisme des roues de la voiture au millimètre près, ce qui permettra de prolonger la longévité des pneus. Au passage sachez que cette opération s'appelle en anglais "wheel alignment" : on en apprend vraiment tous les jours ! En hindi on n'a pas retenu, désolés.

   Quant à notre première vidange depuis le départ nous l'avons fait faire à Persépolis au 165 000ème kilomètre au compteur (donc 13 500 km pour le moteur).

   Je ne vous ai pas encore parlé de notre assez ennuyeux problème de fermeture de la portière-conducteur. C'était une centaine de kilomètres avant Shiraz (en Iran), un matin glacial dans les Monts Zagros. Prêts à partir, Clément claque sa porte ... et elle ne ferme pas. Il reclaque, ça ne ferme toujours pas. Et quand on dit que ça ne ferme pas, ça ne ferme pas à clef bien sûr, mais ça ne ferme pas tout court. La portière reste béante. Il regarde d'un peu plus près : le mécanisme est HS. Et vas-y qu'il démonte tout (le tableau de maître compris) pour découvrir que la goupille qui tient le mécanisme de la portière en place est cassé en deux. La goupille c'est une mini-tige de métal -type clou sans tête- creuse et fendue dans sa longueur (en coupe ça a une forme de C) : autant vous dire qu'on en trouve pas à tous les coins de bazar iranien ... Clément réussit à rafistoler l'affaire (une bonne heure de travail toujours dans un froid glacial) et on repart.
On arrive à Shiraz, à la recherche d'un coin de parc où s'installer. On se gare sur un parking, on claque les portes, et là, gling gling gling, c'est le bruit de la rechute de la goupille. Clément se remet au boulot. Pendant ce temps, voilà nos voisins de parking qui s'en reviennent à leur voiture : oups ! Ils ont laissé, porte fermée, leur clef à l'intérieur. Ils ne peuvent pas ouvrir, nous on ne peut pas fermer ... Ironie du sort ... On leur propose nos outils (que n'a-t-on pas fait là : leur gratitude sera ... collante !) mais ils parviennent à s'en sortir sans notre aide. Le rafistolage de Shiraz tiendra jusqu'à Bikaner où Clément renouvellera l'opération de bidouillage précaire faute d'avoir trouvé la pièce nécessaire (ni en Iran, ni en Inde) ... Pourvu que ça tienne ! Inch'Allah !


    Nous comptabilisons pour le moment un seul embourbement (Azerbaïdjan iranien) et un seul ensablage (désert rajasthani en Inde). Nos plaques de désenblage en plastique (achetées en Italie) se sont révélées être de pacotille : couleur jaune playmobile = pour les playmobiles ! L'une d'entre-elles a été littéralement broyée par la roue ! Elles s'avèrent cependant être un support intéressant pour le crick. Pour la pelle rétractable : "très bon investissement" dit Clément qui aime beaucoup s'amuser avec. Les chaînes, elles, ont bien servies (et pas que sur la neige !) et sont encore en très fort bon état. Pour le reste presque tous les outils emportés se sont déjà révélés utiles, à part le fameux treuil à main de Clément (dans les situations critiques il n'y a jamais assez d'arbres !!!)


Ce sera tout pour le bilan mécanique ! Merci de votre attention !!!

Publié dans Inde-1

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A
<br /> Tout à faire d'accord avec toi pour le treuil! :-) Y a jamais d'arbres quand y a besoin!!!!!<br /> <br /> <br />
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M
<br /> Coucou les amis! De retour pour quelques jours dans notre Normandie natale on a reçu votre carte en famille! Ca tombait bien. Tout le monde vous embrassent bien fort . J'ai tenté<br /> despèrément de montrer à Pascale Blanchais comment aller sur votre blog pour vous laisser un message...Vous vous doutez bien que 3 jours sur place ne suffisent pas, mais elle y a mis du coeur.<br /> Pour ma part je pense bien souvent à vous au milieu de mes vignes, je vous imagine dans des endroits plein de soleil, d'indiens et de singes aussi...Voilà, un dernier gros bisou, j'espère qu'on se<br /> choppera sur skype ou autre. Bécos,m.<br /> <br /> <br />
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P
<br /> un petit coucou de tonton pascal et de tata martine,nous sommes juste à la page au niveau de l'ordinateur.Nous suivons votre voyage avec vos trés belles photos.Merci de nous faire réver et gros<br /> bisous a vous deux.<br /> <br /> <br />
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