Emplettes à Udaipur

Publié le par Sur la route de soi

  Inde_Udaipur--7-.JPG Pas de site extraordinaire, de forteresse haut-perchée, de couleurs éblouissantes ni d'harmonie saisissante, mais une ville bien agréable à vivre. Udaipur, qui s'étale autour de deux lacs (et un troisème plus loin paraît-il), a un petit quelque chose d'une Venise des tropiques et des montagnes, avec ses volées de marches qui descendent des Palais de marbre et des Havelis (belle demeure autour d'un patio) blanches jusqu'à l'eau ... mais une eau ... où vous et moi ne daignerions pas tremper le bout du pied. Les lacs n'ont plus connu leur niveau de pleines-eaux depuis 2006, et l'eau stagne, verte, poisseuse, pourissante ... Et l'odeur qui va avec par endroits. Mais ici elle ne répugne pas. Le long des ghâts (les escaliers qui bordent le lac) on entend les battoirs de femmes qui y lavent le linge, on y voit des hommes qui y descendent discrètement prendre leur bain, en pagne, avant de s'ateler au décrassage de leurs frippes. Quelques touristes fortunés se font conduire en barque jusqu'à une île-palais, toute blanche dans la lumière du matin, transformée en hôtel de très grand luxe : on y aperçoit les mêmes touristes marcher sur un tapis rouge suivis d'une silhouette portant une ombrelle au-dessus d'eux. Presque Venise !

   ... mais on est en Inde ! Côté rue il n'y a aucun doute à ce sujet. Il y a bien sûr quelques rues à touristes où se croisent canadiens, européeens, néo-zélandais et quelques voisins d'Asie, devant toutes sortes de boutiques de souvenirs d'Inde : les nippes made in India, style baba-cool ou bien plutôt soieries et châle en cachemire, des "miniatures" comme ils disent, petites peintures de style moghole aux lignes riches de détails et de dorures, des marionnettes rajasthani, des produits ayurdédiques et le commerce du massage et des tatouages au henné qui va avec, etc etc : de quoi occuper bien du monde !
   Inde Udaipur (2) Mais on va se perdre dans les "bazars" indiens, ceux où l'on ne croise aucun touriste, à part quelques brebis égarées : la ruelle des potiers, celle des joailliers, celle des chaussures, celle des jupes amidonées qui se portent sous le sari, celle des pois-chiches verts fraîchement écossés, celle des mécaniciens et celle des quincailliers, celles des tailleurs et la place du marché aux fruits et légumes, épices et piments. Inde Udaipur (3)Les commerçants sont assis en tailleur à même le sol de leur boutique grande ouverte, pignon sur rue. Les vaches, elles, sont partout, paisibles ou pressées, vautrées ou fouineuses. On assiste à une bagare de rue entre deux taureaux pas commodes qui se finit en cavalcade, et moi, un peu distraite, je me fais soulever les fesses par les deux cornes d'une vache qui relevait la tête des ordures qu'elle était en train de déguster. Une autre me bouscule nonchalemment : elle voulait justement aller là où j'étais. On s'habitue à tout.


   On profite de ces quatre jours à Udaipur pour faire quelques emplettes : deux nouvelles chemises de cotonnade légère sur-mesure pour Clément, pour moi un pantalon "made in India" vert bien sûr ;) , une poêle à chapati en fonte, un pilon à épices et son bol en marbre, des fruits et légumes (dans un magasin couvert avec prix affichés -en Hindi- et ordi pour faire les tickets : le top de la modernité, on voit qu'on est dans un quartier bourgeois), des bouteilles d'eau par douzaine, des rouleaux de PQ vendus à l'unité, du gaz pour le camping gaz (ça c'est une sacrée galère, ils n'ont pas l'embout qu'il faut alors c'est système D pour faire rentrer 2kg de gaz à peine dans la bouteille) et du café ! (si si, du café, trouvé chez Lavazza ! Clément tournait au Nescafé depuis la rupture de stock en Turquie )... pour chaque chose il faut d'abord trouver la bonne rue, puis la bonne boutique, fouiner, marchander, boire le thé même, parfois : une activité à temps plein ! On n'a trouvé qu'une seule superette généraliste depuis qu'on est en Inde et c'était à Bikaner après y avoir traîné une semaine, et sur 40 m2 !!!

Inde Udaipur (4) y'en a vraiment pour tous les goûts !

   Clément aimerait bien trouver de nouvelles chaussures, ou s'en faire faire sur mesure. On déambule dans la ruelle du "shoe market" (marché aux chaussures). Ici les commerçants, leur petit calot à la Aladin posé sur la tête, sont musulmans. Le travail du cuir étant considéré comme particulièrement impur par les Hindus (et religions affiliées) ce sont en général les non-Hindus qui en ont le monopole. Ils faut les voir ! Flairant l'opportunité ils nous hèlent et nous promettent monts et merveilles dans leur échoppe. Clément présente sa requête en dévoilant son pied. Mais bien sûr qu'ils ont ce qu'il lui faut s'exclament-ils, et ils s'affairent, débalent des cartons poussiéreux. Et ils faut les voir essayant de faire entrer le panard géant dans leurs babouches de jeune-fille : on croirait voir Javotte ou Anasthasie dans la scène du soulier de vair de la Cendrillon de Walt Disney. On rigole dans notre barbe en les voyant persévérer. Le rire les gagne, ils s'avouent vaincus. Et la scène recommence une boutique plus loin. Dans une autre échoppe où j'ai trouvé des chaussures qui me plaisent, on propose un pari au marchant : s'il trouve chaussure au pied de Clément nous lui achetons une paire chacun au prix fort, s'il ne trouve pas, il me fait ma paire gratuite. Il hésite, se laisserait presque tenté, puis se ravise quand il voit les pieds ... mais fait son possible, comme beaucoup d'autres, pour satisfaire son client. Ce sera peine perdue. Clément renfile ses tongues Décathlon.

    A Udaipur on ne se lance pas dans les visites de monuments. On sillonne la ville plutôt. Et puis on profite des restos il faut avouer. Un midi on s'en va avaler un très copieux thali servi à volonté au Garden Restaurant, dans l'ancienne cantine des officiers au sein des anciens garages du Maharana. "Maharana" c'est comme Maharadja en plus prestigieux. A Udaipur c'était pas Un maharadja, mais un Maharana, le seul en Inde. Et le thali c'est ce plateau-repas compartimenté qu'on pourrait comparer au "plat-du-jour". Sauf qu'ici en fait de plat du jour il y a 6 préparations de légumes en sauce différentes, 2 petites soupes, du riz blanc, des chapati et des papad, ainsi que 3 desserts. Inde Udaipur garages Maharana (6)Tout cela sur chaque plateau individuel, et les cuisiniers passent et repassent avec louches et gamelles pour reremplir les compartiments vidés ... C'est vous dire si on est aux anges ! Ce n'était pas trop épicé (comparé à d'habitude) mais on ressort quand même la bouche en feu. Alors on va cracher nos flammes sur les Rolls Royce, les Cadillac et les Mercedes (et les autres) de collection du Maharana. Je pense très fort à tonton Claude. Clément s'attarde devant une Triomph complètement décaissée comme la 4L l'été dernier. Et ça papote mécanique avec le mécano : voilà deux ans qu'ils sont dessus. Dire que lui a eu bouclé ça en deux mois ! Il faut dire que eux, ils n'ont le garage Renault aux alentours : ils doivent faire venir les pièces d'Angleterre.

    Après ces quelques jours à traînasser, et après avoir pris le temps d'écrire quelques mails et cartes postales et de mettre quelques articles et photos en ligne (merci le wifi de l'hôtel Mewar Inn) nous reprenons la route du Sud, en direction d'Ahmedabad dans l'Etat du Gurajat. Nous allons enfin, après un mois, quitter le Rajasthan ... dont nous n'avons cependant pas vu la moitié de ce qu'il y avait à en voir. 

Publié dans Inde-1

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N
<br /> salut a vous deux merci encore  pour tout le plaisir que vous nous donner a suivre votre parcours.beaucoup de chaleur pour tout le monde en attendant<br /> notre printemps  qui tarde a venir cette année.un grand bonjour de la famille fil<br />  <br /> <br /> <br />
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