Dans la jungle ...

Publié le par Sur la route de soi


     Les 20 000 lacs ...


     Bon, c'est vrai, on se la raconte pas mal avec notre vie de farniente au pays des merveilles, mais, avec Raph et Murielle, on a réussi à se motiver pour bouger un peu !

Ainsi, dimanche dernier nous sommes partis explorer à bicyclette (plus ou moins déglinguées) le secteur des “20 000 lacs” (Bis Hajaar Tal). 14 km par la campagne (villages tharus, rizières ...) et par nos 33° C liquéfiants habituels avant de pénétrer dans une forêt baignée d'étangs et de lacs couverts de nénuphars mauves et de roseaux. Notre appétit largement ouvert, nous avons fait étape pour le déjeuner de l'autre côté du bois, dans un hameau isolé, un de ceux qu'on est à la fois content et surpris de trouver lorsqu'on est un Petit Poucet. Des écolières nous ont indiqué une case-boutique où l'on pourrait nous servir à manger. Le temps de la préparation du dhal bat (l'éternel riz + lentilles + curry de légumes + pickles) par la maîtresse des lieux nous avons plongé parmi les nénuphars dans l'eau -pas tout à fait ragoutante mais correcte- du canal où les enfants nous attendaient. Une heure rafraîchissante de sourires, de rires et de jeux, où l'on oublait presque les déchets jonchant les rives ... Le riz du repas issus “du potager” était délicieux, le meilleur qu'on ait jamais mangé, bien qu'il soit-à ce qui paraît- bien moins nourissant que d'autres. Nous sommes revenus ravis et suants de cette sortie sportive !


Nepal Sauraha Chitwan velo 20000lacs

 


      A la recherche des rhinos ...


      Ca c'était avant que l'on s'en aille, tels de vrais aventuriers, fouler le sol du monde sauvage, celui du Parc National, de l'autre côté de la rivière ... rivière que nous avons traversée dans une pirogue sculptée dans un énorme tronc, pour nous mettre dans l'ambiance. Accompagnés de 2 guides veillant à notre sécurité, l'oreille à l'affût, nous avons évolué en silence par la forêt vierge et par les prairies d'herbes géantes parmi tigres, ours noirauds et éléphants sauvages dont certaines traces (crottes toutes fraîches, herbes écrasées, empreintes de patte) nous ont trahi la présence mais qui nous sont demeurés invisibles. Les savoir si proches, cependant, suffisait à nous maintenir en émoi. Et puis il y avait de gros singes sautant de branches en branches, des cochons sauvages détalant devant nous, de beaux chants d'oiseaux, des papillons, des arbres tressés de lianes, de hautes termitières à l'abandon, des bouquets d'orchidées poussant là-haut dans les branches ...

      Après 4 heures de marche, le soleil commençant à se faire sacrément brûlant, nous nous sommes glissés, par un sentier de traverse, dans un sous-bois longeant un cours d'eau perdu dans la verdure ... C'est là que nous avons surpris d'abord un, puis 4 autres rhinos ! On n'était pas peu contents ! Nous nous sommes installés pour nous reposer et pique-niquer à l'ombre à une cinquantaine de mètres du petit groupe. Nous étions dissimulés derrière les feuillages, gardant un oeil sur eux, mais ils ont fini par sentir notre présence, et 3 d'entres eux ont quitté leur bain à grands renforts de gerbes d'eau et ont disparu sous les hautes herbes de la savane. Le rhino restant a été rejoint par un compère. Nous devions nous faire le plus discrets possibles pour surtout ne pas s'attirer leurs foudres, car, à ce qu'il paraît, le rhinocéros unicorne est de nature solitaire et bagareuse : il n'hésite pas à charger les intrus (rhinos ou autres) s'il se sent dérangé dans sa tranquillité. Et après avoir pu observer de plus près la masse que représente les 4 tonnes de l'animal, son espèce de carapace guerrière qui lui fait office de peau ainsi que sa jolie petite corne bien pointue nous n'avions guère envie d'attirer son attention sur nous.


Nepal Sauraha Chitwan marche


      Nous nous sommes ainsi faufilés discrètement hors du bois, empruntant les sentes tracées par les rhinos, découvrant leurs “nids” jonchés de quantités phénoménales d'excréments (un seul caca peut faire jusqu'à 25 kg !), faisant fuir singes et cerfs devant nous, pour aller piquer un petit somme en haut d'une tour d'observation. C'est de là-haut, tout assommés de fatigue et de chaleur, que nous avons entendu un grand bruit de galop dans la prairie : un rhino furieux (peut-être celui qui était resté dans la rivière) en chassait un autre qu'il venait de battre et dont il voulait s'assurer qu'il ne remettrait pas de sitôt les pattes dans son trou d'eau à lui. Nous avons pu le voir revenant, après la charge, d'un pas assuré et satisfait vers ses pénates. Nous étions bien heureux de ne pas nous trouver sur son passage !

      Notre expédition a été couronnée par une visite au centre d'élevage (très sommairement entretenue) des gavials, les cousins des crocodiles, et un retour en bus. Notre premier voyage sur le toit du bus, nous saoûlant d'air “frais” assis sur un pneu défoncé qui isolait nos derrières des secousses de la piste, la campagne à nos pieds. Un chouette voyage si ce n'est que nos 25 km de marche dans les jambes avaient tendance à nous faire somnoler alors que nous avions besoin de toute notre vigilance pour éviter de nous faire décapiter par tous les fils électriques tendus à l'arrache en travers de la route ... pour se rassurer on se disait qu'on pouvait, si on touchait un fil dégainé, compter sur une des nombreuses coupures de courant de la journée pour garder la vie sauve ...


      Après l'effort le réconfort ...


      Malgré la chaleur on ne se refuse pas les petits plaisirs : soirée raclette (au fromage de nak) au Chitwan Forest Resort et petit-déjeuner café-chaud à l'ombre entre amis ...


Nepal Sauraha soiree raclette (2)




Nepal Sauraha petit-dej entre amis

Publié dans Népal

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