Cap sur Ellora

Publié le par Sur la route de soi

Quitter Bombay : la voiture chauffe, Clément sue !

    Un nouvel au revoir à nos amis qui, eux, restent à Bombay pour quelques temps encore. Nous dévalisons le supermarché précédemment cité et prenons la route en toute fin de matinée, quand le soleil est à son apogée bien sûr!
    Ca ne manque pas : les bouchons sont avec nous et la voiture commence à chauffer, chauffer et chauffer jusqu'à s'arrêter et refuser de redémarer en plein milieu d'un carefour. On se range en poussant titine dans une symphonie de klaxons (rien que de très habituels, mais là je les sens tous dirigés contre moi !), on attend une petite heure que le moteur refroidisse et repartons. Rebelotte vingt minutes plus tard. Cette fois-ci nous prolongeons la pause. Pour quitter la mégapole, comme pour s'y introduire, nous suivons le flot continu qui cherche à s'en échapper. On traverse une succesion de quartiers de hautes tours d'habitations, plus ou moins défraîchies ou pimpantes, et passons même à la lisière d'une vaste  réserve naturelle prise en étau par l'urbanisation rampante, les bidonvilles ... Il nous faudra trois heures et demie pour sortir de l'agglomération et cela en grillant quelques des feux rouges pour ne surtout pas laisser la voiture à l'arrêt en plein cagnard. La 4L doit être une voiture nordique !!!

    Nous avons chaud, très chaud, vraiment très très chaud. Clément a sué toute sa sueur en tremblant que la voiture ne lui claque entre les doigts. L'eau dans nos bouteilles est bouillante. Nous baignons dans 45° de température ambiante et regardons avec espoir le soleil décliner paresseusement derrière les premières montagnes.
Inde Maharastra Mumbai-Aurangabad (3)
    En fin de journée, nous sommes sur une petite route sur un plateau qui domine la campagne : à perte de vue de grandes étendues sauvages, un patchwork de cultures autour d'un lac piqué de roseaux. On bifurque pour trouver un petit coin tranquille au milieu de toute cette généreuse nature. On se pose avec une vue splendide sur les hauteurs.
Inde Maharastra Mumbai-Aurangabad (9)
    Ce soir c'est repas de luxe, repas italien : petite olives en entrée, suivies d'un plat de pâtes à l'huile d'olive saupoudrées de parmenan, le tout chapeauté par de petites tartines de gorgonzola !!! Un vrai repas de rois.
    Forcément, comme à l'accoutumée, nous avons deux indiens qui nous regardent cuisiner et à qui nous faisons deguster des produits de "chez nous". Et bien, les olives et le gorgonzola ne les ont pas conquis! Je dirais même qu'il n'ont pas aimé ! Ils ont longtemps cherché comment se débarrasser du cadeau, mais, très polis, ont fini par avaler les victuailles !
    De notre côté nous étions ravis : à chacun sa punition ; eux nous imposaient leur présence, nous notre bouffe de "sauvages". La nuit venue, une musique de soir d'été monte de la campagne, les grillons dans les champs moissonnés ...
 Tard dans la nuit nous avons eu le droit à un réveil en grande pompe. Motos, et 4X4, moteurs ronflants, passent et repassent avant d'encercler la voiture en klaxonant pour nous réveiller.
Nous faisons la sourde oreille. Ca recommence, je jette un coup d'oeil : les villageois, au nombre de 20 au bas mot, commencent à s'enerver sérieusement. Je décide de sortir et d'aller leur serrer les paluches, à la Chirac. Là-dessus, je rajoute un sourire, fait quelques gestes pour leur expliquer que nous partons le lendemain et qu'ils n'ont rien à craindre et le tour est joué. Ils s'éparpillent.
    Après reflexion, nous nous sommes dit qu'ils avaient dû avoir peur, peur que nous soyons là pour leur voler de la terre, les recoltes , l'eau, où je ne sais quoi encore, que nous soyons là pour leur jouer quelque mauvais tour, les spolier, allez savoir ...

Aurangabad

   Inde Maharastra Aurangabad (2)Petite halte dans cette bourgade d'un million d'habitant. Un seul endroit pour se reposer les yeux, les oreilles et le nez : Panchaky, petite cour autour d'un bassin alimenté en eau en permanence par un système d'acheminement vieux de 1744. Sur ses abords, un arbre, un banyan, vous savez cet arbre dont les branches tombent vers le bas pour aller reprendre racine dans le sol, et bien celui-là est vieux de 2 siècles et majestueusement beau. On se laissera aller à un repos bien mérité de quelques heures à son pied, dans son ombre. C'est aujourd'hui dimanche et les familles, toutes plutôt musulmanes, y viennent faire un tour, se recueillir à la mosquée et sur les tombeaux d'on ne sait plus quel sage de l'Islam indien, et nourrir les poissons du bassin. La vie de la calsse moyenne endimanchée, très consommatrice, sous nos yeux ...
   Une fois le soleil plus faiblard bien que brûlant on reprend la route en direction des grottes d'Ellora ("Ellora caves", ça n'a rien à voir avec le vin !)

    Petit fait intrigant duquel mention doit être faite. En périphérie de la ville, à chaque intersection quelques jeunes en civil équipés de bâtons (comme des policiers) en train de faire la circulation. Tous ont de petites étiquettes collées sur la poitrine que nous supposons être le document officiel légitimant leur présence et leur action. Habillés comme les musulmans, ils mettent beaucoup d'entrain et d'énergie à ce qu'aucun bouchon ne se forme. Ils distribuent aussi de l'eau sous forme de sachet plastique que les conducteurs, après avoir bu, s'empresse de jeter sur la chaussée. Nous questionnons les un et les autres et très rapidement un homme de l'escouade nous fait comprendre que c'est en raison d'une fête religieuse puis nous prie énergiquement de dégager le terrain. Nous n'en saurons pas plus. Après reflexion on se dit que dans des cas comme celui-là les effectifs de la police ne doivent pas être suffisants. De ce fait, pour que la manifestation puisse avoir lieu et bien les gens concernés doivent être invités à s'autogérer d'où ces escouades de jeunes aux croisements.
 

Publié dans Inde-1

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