Bikaner (le retour)

Publié le par Sur la route de soi

       De Jaipur à Bikaner


       Le lendemain soir, nous arrivions à Bikaner ; Bikaner qui, souvenez-vous, avait accueilli nos premiers pas dans l'univers indien en janvier dernier.

       Le matin du départ de Jaipur nous avons laissé tomber à la dernière minute notre décision “finale” prise la veille au soir ... en faveur d'un “shipping” ... l'instinct ... notre voyage retour nous fera traverser le Pakistan, et tout ira pour le mieux ainsi ...


       De Bikaner à Jaipur, une fois laissé derrière nous les derniers contreforts des monts Arawelli et du Shikkaweti, nous retrouvons les étendues sableuses du désert du Thar ... recouvertes de verdure : plantes grasses revigorées par la mousson, modestes cultures de plantes oléagineuses, de millet ... Le désert est vert ! Et le désert vit ! Sur le bord de la chaussée, de petits paysans, ou leurs enfants, vendent leurs 3-4 courges ou de petites pastèques. Les troupeaux de chèvres et de moutons habitués à un maigre fourrage s'en donnent à coeur joie dans les hautes herbes tandis que les chameaux broutent avec flegme les feuilles des accacias ...

        A une trentaine de kilomètres de Bikaner nous commençons à voir venir à notre encontre un flot presque continu de marcheurs, des hommes, des familles, des enfants, des vélos, des attelages de chameaux. Ils sont si nombreux ! Des millliers sûrement ! Mais où vont-ils, drapés dans les habituelles couleurs chatoyantes rajasthanies ??? Nous apprendrons qu'il s'agit d'une période de festival célébrant Hanuman, le dieu singe, au cours duquel les uns et les autres ont coutume de péleriner d'un temple à l'autre .... et, pour les hommes, de se bourrer la gueule en chemin.

       Et, effectivement, il n'y a pas eu pire journée de conduite, plus dangereuse du moins, que celle-ci. Nous croyons avoir affaire à des Hindous aveuglés par la foi et grisé par la fête, mais c'était bel et bien des soulards-chauffards qui auraient bien pu nous ôter la vie s'il n'y avait eu l'excellente vigilance de conducteur de Clément.

 

      Retour à Bikaner


       A Bikaner, bien des choses ont changé en à peine 9 mois, notamment pour l'association AFEV ... Les prix de certains produits ont, paraît-il, presque doublé ; la ville a changé de gouverneur et certains projets ont été abandonnés. Le désert aux alentours s'est couvert de verdure et paraît ainsi plus hospitalier. L'orphelinat de Natasha est toujours là, mais le “musée des arts et traditions populaires” a dû être abandonné à un propriétaire qui n'en avait rien à faire. Depuis Natasha, pour subvenir aux besoins des 15 enfants qu'elle a adoptés (qui sont placés dans des familles d'accueil par l'orphelinat), vient tout juste d'ouvrir un petit café au coeur de la vieille ville, dans le très beau bâtiment du temple de ... Un sympatique petit coin de verdure où nous nous sommes attardés, rencontrant là les touristes de passage. Il s'y déroule une guerre ouverte entre Natasha et les “lebkas” (les chauffeurs de touktouks-rabatteurs-”guides”) en quête de commissions qui passent leur temps à squatter (par dizaines !) les lieux. Nous souhaitons bien du courage à Natasha ...

 

       Chacun son tour ...

 

       Alors que Clément avait repris du poil de la bête et en était à avaler les dernières pilules de son traitement, mon tour est venu de goûter aux joies de fortes fièvres et de désordres intestinaux (saignements ...). Le médecin, pro mais peu bavard, m'a prescrit, entre autres sur une longue ordonnance (son fils tient la pharmacie voisine), antiobio et anti-amibiens ... ce qui fait penser que c'est peut-être bien l'eau de la piscine du jour de mon anniversaire (le 31 août à Agra) qui nous a rendu malades ...

Quand nous avons quitté Bikaner mercredi 15 à midi, je tenais à peine sur mes jambes, était courbaturée de la tête aux pieds, nauséeuse, et le ventre gonflé comme un ballon de baudruche ! Il est vraiment très grand temps que l'on quitte l'Inde ! Ca tombe bien, c'est au programme !


Publié dans Inde-2

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