160 km en ... 9 heures

Publié le par Sur la route de soi

De Kathmandou à Pokhara : 160 km en ... 9 heures ...

... et nous n'étions pas à pied !!!


   Comme prévu nous avons pris la route vendredi 30 avril. Nous avons déjeuné avec Camille (une copine suisse rencontrée à Pokhara) et n'avons pas quitté Thamel (le centre ville) avant 15h30. Là, à peine passé la “Ring road” (le périph'), les bouchons ont commencé. Bien sûr, on avait notre tout nouveau ventilateur de radiateur (installé l'avant-veille, pas vraiment plus grand que le précédent, mais plus puissant, que Clément a fait installer au centre et non sur le côté comme le précédent), mais on ne faisait pas les fiers quand même, par cette chaleur, à faire chauffer le moteur au milieu du traffic et sous un soleil de plomb ... Aucune explication à ces affreux bouchons, et puis tout d'un coup, des piétons descendant la route du col face à nous. Des manifestants brandissant des drapeaux , faucilles et marteaux blancs sur fond ronge, occupant la moitié de la chaussée et psalmodiant slogans et revendications ... Les hommes levant le poing et criant, les femmes beaucoup plus retenues. De l'entrain, pas vraiment. Nombreux ? Non, pas tant que ça, mais organisés. Tous marchaient en file indienne en deux rangs séparés de 2-3 mètres délimitant la voie opposée à la nôtre : comment occuper beaucoup de place avec pas grand monde, bien vu ! Il paraît que les militants maoïstes vont recruter leurs manifestants dans les campagnes. Ils font du porte-à-porte, exigent un quota de participants par foyer, remplissent des cars qu'ils acheminent vers la capitale, les rémunèrent de quelques centaines de roupies (ce qui n'est pas rien ici) ...


   IMGP0005Une heure plus tard nous arrivons en haut, au col, non sans avoir doublé sur plusieurs kilomètres et sur la voie de droite  (pas la nôtre) une file de camions à l'arrêt infiniment longue ... C'est alors que nous découvrons l'étendue des dégâts : de l'autre côté, la circulation semble arrêtée à perte de vue dans les lacets de la redescente ... Cette vision est vertigineuse ... Il nous faudra trois heures pour entre-apercevoir la fin du calvaire. Trois heures de longs arrêts, trois heures à croiser des cars chargés de recrues maoïstes montant vers le col et la capitale, trois heures dans les pots d'achappement de camions crachant noir, noir de geai !


    Et voilà que la voiture ne veut plus redémarrer à la clef, il lui faut l'élan de la descente pour entraîner le moteur ... Et voilà qu'elle ne veut plus accélérer non plus ... Et arrive enfin l'inévitable : la circulation qui ralentit puis s'arrête sur un replat. Impossible de repartir, nous poussons la voiture sur le bas-côté (une chance qu'il y en ait un à cet endroit-là). Il fait nuit noire, et le traffic est toujours aussi dense, heureusement nous ne bloquons pas le passage au compte goutte des véhicules ... Clément désespère, décide d'attendre que le moteur refroidissse, la panne pourrait venir du carburateur. Au bout d'un temps des p'tits gars en moto proposent de nous aider, et s'en vont chercher un garagiste avec une souflette au village un peu plus bas. Entre temps je nous prépare un peu de semoule, on a faim et on ne sait pas quand on pourra sortir de là ! Clément en profite pour se pencher sous le capot, vérifie un peu partout et, pour accéder au carburateur, enlève le filtre à air. Au premier essai, la voiture démarre. Donc examen du filtre à air : celui-ci, au niveau de l'arrivée de l'air, est hermétiquement colmaté de résidus de gasoil mal brûlé : en gros, complètement engoudronné !!! Du coup, privée d'air, pas étonnant que la voiture ne puisse pas fonctionner ... On fait faire un quart de tour au filtre à air, et le moteur redémarre au quart de tour lui aussi !

    Le couscous est prêt mais voilà nos p'tits gars qui s'en reviennent avec le garagiste et exigent des mille et des cents pour le déplacement. Ils s'en tireront avec 3 euros et une assiette de semoule bien peu assaisonnée à leur goût ! Entre temps la circulation s'est complètement fluidifiée, il n'y a presque plus un chat qui traîne ... Nous reprenons notre route : un peu plus loin, tout le monde dort sur les bas côtés !!!


   Quatre heures plus tard, alors que minuit est depuis longtemps passé, nous arrivons à Pokhara et nous hâtons de monter le camp sur notre terrain habituel, au bord du lac et de nous engouffrer sous la tente de toit. A peine installés pour la nuit, voilà que, ploc, ploc, il se met à pleuvoir ...

Publié dans Népal

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